L'Organisation Arabe pour l'Education, la Culture et les Sciences (ALECSO) a organisé, le 4 mars 2026 dans son siège à Tunis, un colloque scientifique consacré au thème ″L'Intelligence Artificielle et la Refonte des Métiers de la Justice″. À cette occasion, elle a annoncé le lancement de la Chaire ALECSO dédiée au ″Règlement des Litiges et à la Numérisation″. Ce colloque a réuni des experts, universitaires et représentants d'institutions scientifiques et juridiques de premier plan.
Cette Chaire a pour objectif de soutenir la recherche et les études prospectives sur les répercussions de la transformation numérique et des technologies modernes, en particulier l'intelligence artificielle, sur les systèmes judiciaires et les mécanismes de règlement des litiges. L'objectif est également de promouvoir la réflexion scientifique sur le développement de la justice numérique et l'utilisation des technologies modernes pour améliorer l'efficacité des systèmes judiciaires.
Le lancement de cette Chaire marque également une avancée majeure dans le renforcement de la coopération entre les établissements universitaires et les centres de recherche Arabes dans le domaine de la numérisation et de la justice numérique, ce qui contribue au développement des connaissances juridiques et technologiques et soutient l'innovation en matière de mécanismes de règlement des litiges dans le contexte d'une transformation numérique en constante évolution.
La Chaire ALECSO ″Règlement des Litiges et Numérisation″ a été confiée à M. Hatem Rouatbi, Professeur à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques de Tunis et Directeur du Laboratoire ″Règlement des Litiges et Voies d'Exécution″, ce qui renforcera le rôle des institutions universitaires dans le développement de la recherche scientifique spécialisée dans ce domaine vital. Le lancement de cette Chaire s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par l'ALECSO pour accompagner les transformations numériques mondiales, mettre la technologie au service de la Justice et renforcer la recherche scientifique Arabe dans les domaines juridiques et technologiques de pointe.
Cet événement a été marqué par une séance d'ouverture au cours de laquelle S.E. le Prof. Dr. Mohamed Ould Amar, Directeur Général de l'Organisation, a souligné, dans son discours prononcé en son nom par Dr. Mohamed Jemni, Directeur du Département TIC, que l'intelligence artificielle, grâce à ses capacités analytiques et prédictives avancées, est devenue un facteur déterminant, notamment dans le secteur judiciaire et du règlement des litiges. Il a souligné l’importance de mettre en œuvre ces technologies dans des cadres juridiques et institutionnels rigoureux. Il a précisé que le lancement de cette Chaire scientifique vise à soutenir la recherche universitaire Arabe et à renforcer la réflexion stratégique sur les mécanismes de mise en œuvre des technologies modernes, notamment l'intelligence artificielle, au service de la Justice, pour améliorer l’efficacité des systèmes judiciaires et faciliter l’accès aux droits, tout en préservant les garanties d’un procès équitable et l’indépendance de la Justice.
Le programme du colloque a également compris des sessions scientifiques consacrées à l'I.A. et à la refonte des métiers de la Justice, qui ont débuté par une intervention intitulée ″De l'Intelligence Artificielle Générative aux Agents D’Intelligence Artificielle : De Nouvelles Perspectives pour la Justice Numérique″, présentée par Dr. Mohamed Jemni, Directeur du Département des Technologies de l'Information et de la Communication à l’ALECSO. Cette intervention a été suivie d’une autre intitulée ″L’Intelligence Artificielle et les Métiers Participatifs à l’Etablissement de la Justice″, présentée par Dr. Hatem Rouatbi, Professeur de l’Enseignement Supérieur à l’Université de Tunis El Manar, titulaire de la Chaire ALECSO pour le Règlement des Litiges et la Numérisation.
De son côté, Mme Amel Essid, Professeure agrégée en Droit Privé et Sciences Criminelles, a présenté une intervention sur le thème ″L’Intelligence Artificielle, un Outil au Service de la Justice Civile et Pénale″, quant à Mme Ameni Amdouni, Juge au Tribunal de Première Instance de Tunis, elle a présenté une intervention sur ″L'Intelligence Artificielle entre Efficacité Judiciaire et Garantie d'un Procès Equitable″. Au cours d'un large débat scientifique, des discussions ont porté sur la justice algorithmique : Quel rôle pour le juge ? et Quelles limites pour la technologie ?.
Le colloque scientifique s'est poursuivi par une séance de discussion scientifique approfondie qui a abordé plusieurs thèmes théoriques et juridiques liés aux transformations numériques dans le domaine de la justice, notamment le concept de justice algorithmique, le rôle du pouvoir judiciaire face à l'évolution technologique rapide, ainsi que les limites de l'utilisation de la technologie dans le domaine judiciaire.


